« L’un reste, l’autre part »
Si le cadre familial le destine rapidement à travailler comme son père, fourreur juif installé dans le 10ème arrondissement parisien, Claude Berri, de son vrai nom Claude Langmann, suit des cours d’art dramatique et se produit sur les planches du Théâtre Caumartin et du Théâtre de Poche de Paris. Mais c’est en 1966 qu’il rejoint le Septième Art en recevant un Oscar pour son court-métrage de fiction "Le Poulet". Il entame ensuite une carrière de comédien en remportant le concours « Naissance d’une Étoile ». Henri-Georges Clouzot l’engage alors au côté de Brigitte Bardot et de Jean Gabin. Puis c’est René Clément qui lui donne le premier rôle de "Plein soleil" partageant l’écran avec d’Alain Delon. De 1953 à 2004, de grands réalisateurs français comme Autant-Lara, Chabrol, Chéreau, Dupeyron le feront travailler.
Il marquera le cinéma français par sa carrière de réalisateur et de producteur souvent motivé par la nécessité de s’engager totalement dans un projet de création et contraint d’assumer seul les risques. En 1979, il hypothéquera tous ses biens personnels pour produire le film de Polanski "Tess" qui connaitra un succès international. Il produira "l’Ours" et "L’amant" de Jean-Jacques Annaud, "La Reine Margot" de Patrice Chéreau dont certains plans furent tournés au château de la Chapelle-Gauthier. Il produira les films de Pascal Thomas, Maurice Pialat, Jacques Demy, Claude Miller... Dernièrement "Bienvenue chez les Ch’tis" de Dany Boon vu par 20 millions de spectateurs et le dernier César du Meilleur Film en 2008 : "La graine et le mulet" d’Abdellatif Kechiche.
On lui doit aussi une filmographie impressionnante : de "Le vieil homme et l’enfant" joué par Michel Simon (1966), film en partie autobiographique où il est scénariste ; "Le pistonné" proposant pour la première fois un rôle dans un long-métrage à... Coluche. Il lui offre quinze ans plus tard le César du Meilleur Acteur dans "Tchao Pantin" (1983). Suivront entre 1986 et 1996 les succès de "Jean de Florette", "Manon des sources", "Uranus" et "Germinal". En 2004, il devient Président de la Cinémathèque française jusqu’en 2007.
En 2002, le suicide de son fils Julien Rassam, promis à son tour à la carrière d’acteur (nommé au César du Meilleur Espoir Masculin pour son rôle dans "L’Accompagnatrice") le plonge dans la dépression. Il évoquera cette tragique partie de sa vie dans son film « L’un reste, l’autre part ».
Son deuxième fils, Thomas Langmann, acteur et réalisateur se lancera à son tour dans la production au sein de Renn Production, la société de Claude Berri, avant de créer sa propre société de production : La Petite Reine. Clin d’œil au père.

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