Le 24 mars 1987, le PDG de la Walt Disney Compagny, Michael Eisner, et le premier ministre français Jacques Chirac, se sont réuni à l’Hôtel Matignon à Paris. Et là, entourés par des journalistes, des photographes et les représentants des autorités locales, Eisner et Chirac ont signé le contrat final.
Cette convention du 24 mars 87 est en fait un épais contrat de plus de 400 pages dans lequel il est précisé que pour l’investissement total de sept milliards de dollars, Disney ne devra en payer que seulement 350 millions. Les Français leurs offrent également un prêt de la Caisse des dépôts et Consignations de 4 milliard de francs (700 millions de dollars) à court terme avec des intérêts très faibles et l’abaissement de la TVA sur les parcs de loisirs de 18.5% à 7%.
Le contrat organise également pour une durée de 30 ans de développement de Disney sur les 1947 hectares qui lui sont attribués sur le secteur 4 de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, secteur créé ce même jour.
Il est prévu qu’ Épa france, l’établissement public d’aménagement créé tout spécialement, rachète les terrains au prix du mètre carré agricole, les équipe et les viabilise. Les pouvoirs publics - État, Région, département, communes, RATP, SNCF - prennent à leur charge les infrastructures routières (deux échangeurs d’autoroute, le boulevard circulaire, les voiries et ouvrages d’art), ferroviaires (ligne et gare TGV, prolongement de la ligne A de RER, avec deux gares), les réseaux d’eau potable et usées, le retraitement. Cela fait, Épafrance cède les terrains, à prix coûtant, à Disney, qui en dispose pour les confier à des promoteurs et des sociétés d’exploitation (Disneyland Paris, par exemple), ou les vendre, au prix fort cette fois.
En échange, Eisner s’engage à aménager 600 hectares par an. Au-delà du premier parc d’attraction (une vingtaine d’hectares seulement sur les 2000 promis), il a donc signé pour le développement d’un secteur entier de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, défini lors des négociations, qui avait commencé dès 1985 avec le gouvernement de Laurent Fabius. Un projet d’intérêt général (PIG), officialisé ce 24 mars 1987, prévoit l’aménagement par Disney, à terme, de deux parcs d’attractions, de 18200 chambres d’hôtel, de 700.000 m2 de commerces, de 700000 m2 de bureaux et activités et de 7800 logements : " Ce n’est pas de la réalisation d’un parc de loisirs dont il s’agit essentiellement, mais de la plus formidable opération foncière et immobilière de cette fin de siècle ", écrivait en 1988 le journaliste Gilles Smadja, dans son livre Mickey l’arnaque (Éditions Messidor).

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