Pour la 7ième année consécutive, la manifestation se déroulera les 5, 6 et 7 juin prochains (le 5 juin étant réservé aux visites du public scolaire). Le thème retenu pour cette édition est « Terre, Terrain, Territoire ». Dès la Renaissance, l’interaction entre terre, terrain et territoire a été pris en compte dans l’entretien, la protection et la création de nos jardins. L’histoire de nos paysages et les liens complexes entre l’homme et la nature sont développés à travers cette thématique. Les « Rendez-vous aux jardins » permettront à chacun de découvrir ce patrimoine vert. Près de 160 parcs et jardins participeront à l’opération en Ile-de-France et proposeront de nombreuses visites, activités et animations à destination de tous les publics.
« Terre, terrain, territoire »
La thématique se déclinera selon une approche scientifique bien sûr, mais aussi par une approche historique culturelle et esthétique, sans oublier le développement durable.
La terre
C’est le fondement du jardin, elle nourrit ses végétaux, détermine sa forme, construit ses reliefs et l’inscrit dans un paysage allant au-delà de sa parcelle. Depuis la Renaissance, les grands traités d’art des jardins comme « La recepte véritable » de Bernard Palissy (1563) à « L’Art des jardins » d’Édouard André (1879) ou « Le bon jardinier » (1992) ont souligné l’importance de la terre dans la composition d’un jardin. Tous ont évoqué ses propriétés, sa texture et sa structure, les amendements nécessaires à une meilleure productivité. Ils ont également montré l’importance du choix du terrain et comment le modifier, le modeler pour qu’il soit plus productif ou plus attractif. Dès la période moderne, la plupart des auteurs ont présenté les interactions entre les jardins et le territoire et notamment l’influence de l’aménagement des uns sur l’autre.
Ces questions inscrites dans l’histoire des jardins depuis très longtemps sont toujours à l’ordre du jour. Aujourd’hui, confronté à la nécessité de favoriser la préservation des écosytèmes et, d’une manière générale, la biodiversité, l’homme développe plusieurs méthodes de gestion et d’entretien des sols ainsi que des méthodes alternatives de jardinage indispensables à la pérennité des jardins et des paysages.
Le terrain
Le sol conserve par ailleurs toute la mémoire des opérations passées et constitue ainsi un matériau important pour l’archéologie des jardins, leur histoire et leur évolution. En France, l’archéologie des jardins est une discipline récente, on fouille des jardins d’agrément depuis une quinzaine d’années en s’inspirant de méthodes mises en œuvre en Angleterre et en Italie. Dans notre pays, les parcs et jardins de Vallery, de Saint-Cloud, de Chamarande, de Marly, de Versailles, du musée Rodin à Paris, de la villa gallo romaine de Richebourg, de Kerjean… ont fait l’objet de prospections archéologiques. De ces fouilles, une idée principale se dégage : le jardin est un espace en évolution, chargé de dynamique. À travers cette histoire en profondeur, on réévalue l’importance de la phase de préparation et de fondation du jardin. L’archéologie des jardins s’applique à révéler et à interpréter les traces invisibles des interventions paysagères qui en ont jalonné l’histoire, elle ouvre la voie à une nouvelle compréhension des structures profondes du site et de son intégration dans l’environnement.
Et un territoire
Même si le jardin est un espace clos, il est indissociable du territoire défini comme « une étendue de terre dépendant d’un état, d’une ville, d’une juridiction, ... » par le dictionnaire. Tout jardin s’inscrit dans un contexte territorial, dans une géographie allant au-delà des limites parcellaires. Dès sa création, il bouscule les réseaux existants (hydrographiques, hydrologiques, routiers, humains...), redistribue les cartes des interrelations : l’eau est détournée, captée, canalisée ; des routes sont déviées, modifiées, créées ; les villages, les villes s’organisent différemment autour... Par ailleurs, il fait intervenir de nouveaux acteurs - création d’emplois pour son entretien - ou modifie les écosystèmes : certains habitats sont détruits alors que d’autres sont créés, d’autres écosystèmes naissent et vont interagir avec l’extérieur du jardin. Une approche territoriale du jardin permet de comprendre que celui-ci n’est pas qu’une petite enclave de paradis, un îlot déconnecté de son environnement. Une telle démarche, ainsi que le recours aux différents outils réglementaires existants permet d’éviter des dommages irrémédiables pouvant être causés par l’installation, même à distance, d’infrastructures diverses.

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