De Castelsarrasin à Nangis, la route a été longue pour ce surdoué en tout, musique, chanson, cinéma, littérature… cuisine même. Pourtant, l’histoire n’était pas écrite d’avance, jugez plutôt.
À 14 ans, il intègre le conservatoire de musique de Toulouse et s’inscrit aussi au conservatoire d’art dramatique. Il obtiendra un prix de saxophone. Parallèlement, il monte son premier petit orchestre de quatre musiciens à son propre nom et pendant quelques années, ils tournent dans toute la région de bals en fêtes familiales.
En 1956, on le retrouve en train d’accompagner à la guitare la jeune chanteuse Françoise Marin dans le cabaret La Colombe. En 1957, il habite avec la chanteuse Françoise Lô qui joue aux Trois Baudets, Pierre l’accompagnant à la guitare. Un soir, il chante quelques-unes de ses propres chansons et est remarqué par Boris Vian, Jacques Canetti et surtout par l’agent Émile Hebey. Celui ci le présente à Eddie Barclay avec lequel il signe un contrat d’enregistrement. C’est dans les bureaux des disques Barclay qu’il fera la connaissance de Simone Mazaltarim qui deviendra sa femme et qu’il rebaptisera Rébecca. Son premier 45 tours, Moi j’attends Adèle sort cette année là.
En 1958, Pierre continue la tournée des cabarets parisiens et sillonne les routes de France et d’Afrique en première partie du groupe américain les Platters. En novembre, une pleurésie l’oblige à séjourner presque deux ans dans un sanatorium. Il reçoit alors le soutien du métier. En 1960 sort le Bonheur conjugal, son premier 25 cm. Mais les ventes ne sont pas suffisantes et Barclay met fin à son contrat. Il signe alors chez Vogue et Lucien Morisse devient son agent artistique. En 1963, Pierre Perret connaît son premier succès avec la chanson Le Tord Boyaux (100.000 ex.). Il enchaîne alors les succès et fait son premier Olympia fin 1966.
En 1969, il joue dans le film Les Patates de Claude Autant-Lara avec Balutin, Rufus, Henri Virlojeux, Bérangère Dautin, Christine Aurel, dont il signe la musique du film. Il joue également dans un western comique de Jean Girault Le Juge avec Robert Hossein en 1970. Il connaît son plus gros succès en 1974 avec le Zizi (5 millions d’ex.). Il se met petit à petit à écrire des textes plus graves. Sa chanson Lily, écrite en 1977 deviendra un classique des chansons anti-racistes. Il écrit également sur la famine (Riz pilé), l’écologie (Vert de Colère), la guerre (La petite kurde), le tabac (Mourir du Tabac), l’avortement (Elle attend son petit) ou la remontée du fascisme (La Bête est revenue). Sortie en 1998, cette chanson contre le Front national lui valut de nombreuses lettres d’insultes. Suite à l’album du même nom, il fit une tournée, passant notamment au Festival des Vieilles Charrues où il jouera devant 60.000 personnes.
En 2003, il collabore avec le groupe les Ogres de Barback pour son album Çui la. Il revient à des arrangements évoquant la variété des années 70 pour son album suivant, Mélangez-vous qui sort en 2006. Ses ventes n’atteignent plus les records d’autrefois, l’auteur ayant toutefois gagné le titre de classique de la chanson française. Il est également devenu un auteur à succès comme avec son dictionnaire Le parler des métiers sorti en 2003. En 2006, il est invité par le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré, à quelques jours de la reprise de la discussion du projet de loi sur les droits d’auteur, il a plaidé contre la licence globale : "C’est comme si l’on rentrait dans une boulangerie et que l’on raflait tout sans payer". Il participe au Comité d’Orientation pour la Simplification du Langage Administratif (COSLA).

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