La Seine et Marne

La santé en question


L’avenir du médecin généraliste..

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L’initiative du conseil général pour lutter contre le désert médical ressemble bien à la reconnaissance d’un combat difficile pour endiguer la montée inexorable de la désertification. La Seine et Marne est un département fortement handicapé par son gigantisme, c’est son talon d’Achille. La carte de la santé le montre bien, aujourd’hui, et souligne une dichotomie forte entre la façade ouest, très bien équipée, et le reste du département, c’est-à-dire le grand rural, en sous équipement chronique. Plusieurs facteurs concourent à ces constats. D’une part, le numerus clausus a contribué largement à la baisse des vocations. Ce qui était important pour réguler une population de médecins surabondante devient désormais un frein énorme. Ensuite, il y a une vraie crise des vocations, surtout en milieu rural. En effet, la société change, et plus personne ne souhaite devenir corvéable à merci, se consacrer corps et âme à la mission de soigner. Qui veut, aujourd’hui, assumer des gardes, parfois un week-end sur deux ? Le métier de généraliste n’est pas en tête des choix des jeunes désormais. C’est, de plus, une profession qui se féminise fortement et qui cherche un équilibre de vie. D’ailleurs, les jeunes professionnels préfèrent, pour ses raisons, investir en milieu urbain plus à même de leur offrir une qualité de vie et des services proches. Le rural n’est pas suffisamment excitant !

Surtout, la réforme de la santé publique va redessiner la filière santé en France. Entre des plateformes suréquipées mais éloignées (1 à 2 par département) et la fin annoncée des hôpitaux de campagne, le risque est fort de n’avoir que des relais ponctuels qui ne seront pas assez nombreux et opérationnels pour répondre aux attentes de la population. On entend parler, de plus en plus, de « maison de la santé », un lieu où se retrouveraient le généraliste, le dentiste et autres praticiens classiques et qui, selon les cas, accueilleraient aussi ponctuellement des compétences plus pointues (psychologue, pédiatre…). Cela ne se pourra que si les collectivités sont prêtes et qu’elles faciliteront l’accès à une structure d’accueil et à la fibre optique notamment. Il faudra aussi un lieu pertinent par son emplacement et ses services pour que les usagers aient envie de s’y rendre. La Seine et Marne pourrait d’ailleurs se prêter à une organisation plus audacieuse qui permettrait, d’abord, des points d’accès qui contiendraient plusieurs services comme la télémédecine, le télétravail, la formation à distance mais aussi du périscolaire… Le monde bouge et il faut répondre, sans arrêt, à de nouvelles attentes tout en restant humain dans le traitement des demandes.


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mardi 13 avril 2010
 
 
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