La vieille cité était, à juste titre, très fière de ses roses, très recherchées pour leurs propriétés médicinales et leur délicieux parfum que la dessiccation accentuait encore.
On en faisait un médicament connu sous le nom de conserve liquide et une conserve sèche , plus fantaisiste que médicinale.
On vendit longtemps roses sèches et conserves aux grandes foires de Champagne et de Brie d’où elles passaient dans tout le royaume de France, à l’étranger jusqu’en Orient.
On fabriquait également des sachets et des coussins de roses sèches qu’on offrait, dès 1310, aux personnes de qualité qui passaient à Provins.
C’est ainsi que Charles VII, Jeanne d’Arc, François Ier, Henri II, Catherine de Médicis reçurent ces présents.
Henri IV reçut des rosés du procureur et des échevins après que la ville se soit rendue à lui en 1592, puis en 1603 quand il traversa Provins pour aller à Montglas.
Louis XIV, lors de ses quatre passages, eut droit aux roses et aux conserves ; lors de sa dernière visite, en 1681, on lui remit 24 livres de conserves de roses (1).
En 1725, Marie Leczinska eut droit aux mêmes présents. Comme il pleuvait à torrent, le maire dut requérir une botte de paille pour s’agenouiller proprement devant la princesse, lui offrir roses, conserves et coussins et prononcer son discours.
Napoléon, selon une anecdote locale, reçut en plus des bonbons à la rose. La jeune fille qui les lui présenta, lui aurait dit :
»Toi que la fortune comble de tous ses dons
Enfant gâté de la victoire,
Amuse-toi, ici, de ces quelques bonbons
Pour te délasser de la gloire. »
Et le 21 septembre 1828, Charles X, le dernier roi de France, fut reçu par la ville de Provins, et douze jeunes filles lui remirent des conserves de roses.

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