Par curiosité, faîtes « crédit révolving » [1] sur un moteur de recherche et vous pourrez constater combien le nombre de publicités sur Internet est impressionnant. C’est incontestablement un produit intéressant pour les organismes financeurs, à en croire les trésors d’imagination déployés pour appâter le consommateur.
On comprend alors, à la fois, les enjeux et les attentes de la réforme du crédit à la consommation annoncée par le gouvernement Fillon. La notion de crédit responsable, si intellectuellement intéressante, laisse les observateurs perplexes, notamment les associations de consommateurs. L’un des enjeux est la dissociation entre une réserve d’argent et la carte de fidélité que systématiquement la grande distribution associe. Cette technique joue sur la crédulité du consommateur qui oublie que le prêt d’argent à un coût, exorbitant même, alors qu’il ne voit que la possibilité d’avoir accès au produit auquel il rêve. Bercy souhaite plutôt que la transparence se fasse sur le message associé à la remise d’une carte de fidélité et propose ainsi « qu’une fiche d’information devra être remplie par le vendeur et le client, fiche comprenant des informations relatives à l’endettement et aux revenus de l’emprunteur pour que le vendeur puisse évaluer sa solvabilité ». Christine Lagarde de propose pas de dissocier les deux. L’autre point concerne l’absence de disposition visant à réduire le taux d’usure des crédits revolving au centre de nombreuses difficultés financières.
« Cette mesure phare, attendue par l’ensemble des associations de consommateurs, n’est pas au rendez-vous », a regretté Alain Bazot. Le président de l’UFC-Que Choisir. En effet, le crédit revolving a remplacé les autres formes de crédit plus classique au taux largement inférieur. C’est en tout cas l’argument de l’association qui, dans sa dernière enquête parle même de « malendettement » des ménages, lié justement à la surconsommation de ces crédits renouvelables, et qui touche la partie la plus fragile de la population. C’est pourquoi elle exprime son impatience par rapport à une réforme jugée trop frileuse d’autant que, la crise passant par là, on constate aujourd’hui une augmentation du recours au crédit revolving.

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