"Tu ne trouves pas ça louche, toi, qu’Eric ne soit pas encore arrivé ?" j’ai demandé à Patrick, le troisième larron de la compta. D’un coup d’œil, nous nous sommes compris. J’ai attrapé le téléphone.
Au bout de vingt sonneries, Eric a répondu. "Laisse tomber", a t’il dit. "Je n’y arriverai jamais. Je suis à nouveau tellement angoissé que je ne peux même pas me lever. " J’ai répliqué que si, il pouvait. Que Pierre et moi, nous l’attendions. "Tu parles !" a soupiré Eric. "De toute façon, à quoi je sers ? Pendant des mois, vous vous êtes très bien débrouillés sans moi." "Non, pas très bien." j’ai rigolé. Et c’était vrai…qu’est ce que nous avions peiné pendant sa dépression. Mais nous n’avions pas voulu le remplacer. Nous savions qu’il reviendrait. Même si pour l’instant, ce n’était encore qu’à mi-temps.
" Allez, " je lui ai dit, "réfléchis pas, lève toi ! Je te rappelle après ta douche." Pendant ce temps, Pierre terminait les documents d’Eric…pourvu que le patron ai du retard.
J’ai rappelé Eric pendant son café et juste avant qu’il ne démarre : " C’est bon ! Le patron ne s’est pas aperçu que tu n’es pas là." Puis j’ai filé à la relieuse avec les documents. Et là, à ma gauche, par la fenêtre du couloir, j’ai aperçu Eric, en train de se garer.. Pendant qu’à ma droite, le patron arrivait. Vite, j’ai rejoins Eric :

A la compta, Pierre refaisait le match de rugby de la veille, avec le patron. Eric et moi lui avons serré la main puis nous nous sommes mis à travailler…comme si de rien n’était. " Vous savez quoi ?" nous a demandé le patron, lorsqu’il est reparti avec ses déclarations de TVA. "Vous devriez jouer au rugby tous les trois. Parce que vous feriez une sacré équipe !"
Nous nous sommes regardés. Pourquoi nous disait-il ça pile maintenant ?
Quitterie Simon

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