Ce qui saisit à la première rencontre, c’est le dynamisme que dégage cette jolie fromagère. Et il en faut pour maintenir la renommée de la plus ancienne fromagerie de la Brie. Ce sens du relationnel et le chaleureux accueil qu’elle accorde aux visiteurs est l’héritage d’un parcours professionnel antérieur. Car, avant le tablier et la charlotte, la dame portait plus couramment le tailleur Chanel et les hauts talons.
Native de Jouarre, elle décide « d’aller voir ailleurs » après ses études, comme pour se prouver qu’elle peut se construire seule et faire autre chose que ce qui la destine familialement. Laissant son frère Stéphane seconder leur mère à la fromagerie, elle part travailler à Paris où elle sera responsable de communication, en charge de salons, d’expositions et des relations presse pour une importante société internationale. Mais après 15 années à un rythme effréné, la sensation d’être toujours anonyme dans cette multinationale la questionne : « Qu’est ce que je fais là ? »
La naissance de son second enfant va bousculer la jeune femme qui prend conscience de ses racines, comme poussée elle-même par la nécessité de transmettre à son petit garçon. Lorsque sa mère fait part de son souhait de se retirer, une réunion de famille à 3 va sceller son existence et l’évidence se fera jour aux paroles de ses proches : « Ta place est avec nous ! »
Depuis, pas de regret de cette carrière abandonnée, tellement compensée par le privilège des relations humaines que procure un travail en famille. Et quand on l’interroge sur l’actualité de l’entreprise, le discours professionnel ne tarde pas ! Isabelle Hedin vous parle d’objectifs atteints des difficultés du moment à affronter sereinement, rompue aux obstacles des crises précédentes : vaches folles, crise du lait cru, normes alimentaires… Mais aussi la nécessité d’innover en proposant des produits de qualité et en s’inscrivant dans la filière Bio.
Nul doute que le lait coule dans ses veines, le lait maternel…


envoyer par mail