Dans un article publié dans l’Expansion, Gérard Mulliez, le fondateur et ancien patron d’Auchan s’invite dans le débat sur les OGM en lançant une étude scientifique sur leur impact. Cette personnalité bien connue en Seine et Marne affirme son point de vue.
Il s’interroge sur l’état actuel des connaissances qui ne balaient pas selon lui les tenants et aboutissants des OGM, préconisant en cela de systématiser le principe de précaution. « La situation est grave, je suis abasourdi par le manque de réflexion. On doit attendre d’être sûr de leur non-toxicité pour l’homme avant de diffuser ce type de produit auprès du plus grand nombre ».
Il s’inquiète du débat en cours et notamment d’un certain nombre de décisions qui lui semblent hâtives au regard du peu d’informations dont on dispose concernant l’impact des organismes génétiquement modifiés sur la santé humaine. Il fait allusion ainsi au travail législatif en cours d’élaboration et dont nous nous faisions l’écho dans la dernière revue de presse.
Il dresse un parallèle avec le scandale du sang contaminé et se demande si l’on n’est pas en train de recommencer la même chose. « Le fait de dire que des Américains en mangent depuis dix ans n’est pas une preuve de non nocivité ».
Il se aussi fait l’avocat de recherches indépendantes et transparentes afin qu’elles puissent s’affranchir du financement des lobbys pro OGM qui aujourd’hui sont trop souvent à l’origine des études publiées, notamment grâce à leurs capacités financières, qui concluent trop vite dans leur sens.
Consommateurs et entreprises responsables (Ceres), est une association créée il y a un an et dont il est le président d’honneur. Elle va lui servir de relai afin de produire de façon indépendante une étude de ce type. Elle est aujourd’hui financée par des entreprises et des particuliers mais ces moyens restent limités au regard de ceux consacrés par les mastodontes de l’agriculture et de l’agro alimentaire. Son combat est pour une agriculture plus juste et contre la centralisation des stocks et de la distribution auprès de quelques grands distributeurs. Il impose d’ailleurs à ce qu’Auchan et Pouce affichent des produits non OGM. Un paradoxe pour celui qui a fait sa fortune dans la grande distribution.
Crédit photo : La Voix du Nord

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