Le 18 août dernier, François Fillon réunissait une partie des ses ministres à Matignon afin de réagir face à la dégradation actuelle de la conjoncture économique. Il rejetait cependant l’éventualité d’un plan de relance, mot d’ordre transmis à l’ensemble du gouvernement. Déjà, parce que cela signifierait que la situation est désespérée au point de puiser dans les réserves de l’Etat, en aggravant ainsi le déficit budgétaire. Mais aussi parce, disent-ils tous en cœur, la relance ne serait pas la réponse adéquate. Aussi, le Premier ministre préfère miser sur l’efficacité des réformes engagées (faire une sorte de retour sur investissement) et, surtout, sur la patience des Français. A l’heure où le pouvoir d’achat semble s’évaporer peu à peu face à la hausse du prix des carburants mais aussi celles des produits alimentaires, le gouvernement demande donc à la population de serrer les dents et d’attendre des jours meilleurs.
En effet, des chiffres viennent de tomber et annoncent un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,3% au deuxième trimestre, ce qui signifie que la croissance française risque d’atteindre la ridicule progression de 1% cette année, un indicateur corroboré d’ailleurs par le premier ministre lui même, lundi 1er septembre sur l’antenne d’Europe 1. Une nouvelle qui sonne comme un échec pour Nicolas Sarkozy qui avait promis, durant sa campagne électorale, « d’aller chercher la croissance avec les dents ». Et même si l’on ne peut pas encore parler de récession économique (celle-ci suppose deux trimestres consécutifs de recul du PIB), une chose est certaine : la croissance française est en panne. La consommation est en baisse, l’inflation est à son plus haut niveau depuis 17 ans alors que les salaires, eux, ne suivent plus. Même l’investissement des ménages et des entreprises est en berne.
Crise internationale
En guise de réponse donc, la ministre de l’Economie, de l’industrie et de l’emploi, Christine Lagarde propose, dans l’édition du lundi 1er septembre de La Tribune, d’opter pour un « axe de consensus » en apportant un soutient à l’emprunt pour les PME-PMI. Parallèlement, le chef d’Etat et son Premier ministre s’évertuent à rappeler que la situation actuelle de la France s’inscrit dans un contexte plus généralisé qui transcende les frontières. Un constat évident lorsque l’on regarde la situation économique des autres pays. La zone euro, déjà, accuse un recul de son PIB de 0,2%. Même constat de baisse pour l’Espagne qui opte, à contrario de la France, pour un plan de relance d’envergure en injectant 20 milliards d’euros en deux ans dans son économie. Idem pour la Grande Bretagne ou le gouvernement va dévoiler un plan de soutien à l’immobilier alors que son déficit budgétaire est loin dans le rouge (plus de 3% du PIB !). Même la Chine et le Japon adoptent cette bonne vieille méthode. La couronne revient tout de même aux Etats-Unis qui relancent leur économie via des dizaines de millions de chèques de 1000 dollars en moyenne distribués aux ménages américains. Les grands coupables de cette situation sont bien évidemment les « subprimes » responsables de la crise des crédits immobiliers partie des Etats-Unis à l’été 2007. A l’époque, nombre d’analystes avaient assurés que la crise des crédits immobiliers à risque ne contaminerait pas l’Europe et que la croissance mondiale n’en pâtirait pas. On voit aujourd’hui ce que ça a donné…
Pierre Choisnet

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