Il y a 100 ans, Constant Coquelin quittait la scène à Couilly-Pont-aux-Dames. La carrière de ce comédien débute à la Comédie-Française en 1860 dans des rôles du répertoire classique. Sociétaire dès 1864, il crée plus de quarante rôles en près de 25 ans, avant de quitter le Théâtre-Français en 1886. Des représentations théâtrales l’emmèneront ensuite en Europe et en Amérique avant de poursuivre sa carrière dans plusieurs théâtres parisiens. Il l’achève à la direction du théâtre de la Porte Saint-Martin qu’il cède à son fils en 1901. L’Histoire du théâtre retient de lui le rôle de Cyrano de Bergerac dans la pièce d’Edmond Rostand qu’il crée en 1897 ; son succès lui promettant la postérité. En 1900, il est élu à la tête de l’Association des Artistes Dramatiques et oeuvre à la création d’une maison de retraite pour les artistes.
Bâtie sur l’emplacement de l’ancienne abbaye de Pont-aux-Dames disparue à la Révolution, la "Maison des artistes"est inaugurée en 1905 avec le concours de l’État, du Conseil municipal de Paris et de plusieurs donateurs. De style Art Nouveau, elle est construite par l’architecte Binet et décorée de fresques élégantes du peintre Bordessous de Bellefeuille. Ses façades sont ornées de frises en céramique et de médaillons représentant des artistes de l’art dramatique. L’établissement accueille alors une cinquantaine de pensionnaires, représentants du monde artistique de l’époque : Georges Claterie, romancier et académicien, le compositeur Victorien Sardou. La Grande Sarah Bernhardt viendra y donner des représentations.
Frappé par une embolie foudroyante, Coquelin décède le 27 janvier 1909. Il repose dans le parc du domaine où l’on peut découvrir l’architecture d’un théâtre de verdure qui a survécu à la tempête de 1999. Une salle de spectacle subsiste malgré l’outrage du temps.
Souvent propriétaires de bijoux et de costumes de scènes, des acteurs pensionnaires en ont légués à l’institution qui conserve une riche collection de souvenirs de théâtre, présentée lors d’expositions organisées par des musées.
« … les poètes ont allongé près de lui dans le cercueil plus d’un personnage de rêve qu’ils viennent de renoncer à faire exister ». Edmond Rostand, 1909, lors de l’oraison funèbre de Coquelin.

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