"Celui que l’on nomme parfois « l’œil du siècle » a photographié les temps forts du siècle dernier : les républicains espagnols, la libération du camp de Dachau, la Libération de Paris, Gandhi quelques heures avant son assassinat ou la victoire des communistes chinois, à l’affût de l’« instant décisif »". Un style reconnaissable entre tous, il a immortalisé nombre des personnalités comme Giacometti, Sartre, Camus, Bonnard, Matisse ou Picasso...
Il fonde l’agence coopérative Magnum en 1947 en compagnie de Robert Capa, David Seymour, William Vandivert et George Rodger. A partir des années 80, il est amplement célébré. Peu avant sa disparition en août 2004, la Fondation Henri Cartier-Bresson ouvre ses portes et la BNF lui consacre une rétrospective.

« L’appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l’instrument de l’intuition et de la spontanéité, le maître de l’instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour « signifier » le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l’on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C’est par une économie de moyens et surtout un oubli de soi-même que l’on arrive à la simplicité d’expression. Photographier, c’est retenir son souffle quand toutes nos facultés convergent pour capter la réalité fuyante ; c’est alors que la saisie d’une image est une grande joie physique et intellectuelle. Photographier, c’est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l’organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait. C’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre ! »

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