La Seine et Marne

La dame en noir

Barbara


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Au moment où l’on commémore le dixième anniversaire de sa disparition que la dame en noir s’est envolée, trop tôt, à 67 ans, il faut rappeler à ceux qui ne la connaisse pas l’étonnante vie et carrière qu’elle a menées.

Discrète, intense, insaisissable, en quête d’absolu, elle avait choisi de finir sa vie à Précy sur Marne. Ironie du sort, on se rappelle à son bon souvenir le jour où un autre grand a tiré sa révérence, Maurice Béjart qui était l’un de ses plus proches amis.

Nous vous proposons une synthèse de sa carrière extraite de Wikipédia.

Monique Serf passe les premières années de sa vie entourée de son père, Jacques, d’origine alsacienne, de sa mère, Esther, de sa grand-mère russe et de Jean, son frère aîné de 2 ans. Bien avant que la guerre soit déclarée, sa jeunesse est marquée par des déménagements successifs. Ils redoubleront sous l’occupation nazie pour fuir la chasse faite aux Juifs sous le gouvernement de Vichy. S’ajouteront les séparations pour déjouer les dénonciations. À la fin du conflit, ils se retrouvent au Vésinet. La famille s’est agrandie : une deuxième fille, Régine, est née à Roanne en 1938, un deuxième garçon, Claude, à Tarbes en 1942.

Monique a 16 ans. Peu attirée par les études, elle ambitionne depuis longtemps de devenir pianiste et chanteuse. Ses parents lui promettent de lui payer des cours de chant. Elle s’inscrit à ceux de Madame Dusséqué. Sa vie en est changée. Au bout de quelques leçons, son professeur la présente à Maître Paulet, enseignant au Conservatoire de Paris qui la prend comme élève. En 1946, les Serf s’installent au 50, rue de Vitruve, dans le 20e arrondissement. L’été est assombri par la mort de la grand-mère. Dans le nouvel appartement, un piano loué par son père est installé. Elle en joue d’instinct sans prendre de leçons. La jeune fille entre au Conservatoire comme auditrice mais au répertoire de chant classique elle préfère celui de la chanson populaire. Elle arrête les cours. En 1948, après avoir passé une audition au Théâtre Mogador, elle est engagée comme choriste dans l’opérette Violettes impériales. Un jour, son père abandonne soudainement le foyer pour ne plus revenir. Bientôt, la location du piano ne peut plus être honorée. Contrainte de s’en séparer, c’est pour elle un déchirement.

Voulant à tout prix concrétiser son rêve : être « pianiste chantante », elle quitte Paris, en 1950. Grâce à l’argent prêté par une amie, elle se rend chez un cousin à Bruxelles. Elle le quitte au bout de deux mois. Sans ressources ni connaissances, la vie est difficile. Au hasard d’une rencontre elle rejoint une communauté d’artistes à Charleroi. Là elle trouve de l’aide et commence à chanter dans des cabarets sous le nom de Barbara Brodi (inspiré du nom de sa grand-mère, Varvara Brodsky). Son répertoire : des chansons d’Édith Piaf, Juliette Gréco et Germaine Montéro. Fin 1951 elle retourne à Paris pour des auditions sans lendemain. Revient à Bruxelles où un ami du groupe de Charleroi lui donne l’occasion de chanter. Elle est mise en relation avec Ethery Rouchadze, une pianiste qui accepte de l’accompagner et auprès de qui elle se perfectionnera au piano. Cette dernière lui présente Claude Sluys, jeune apprenti avocat. Habitué des lieux de spectacles, il se pique d’écrire quelques chansons. Fin 1952, il déniche le « Théâtre du Cheval blanc » et use de ses relations pour y ouvrir un cabaret afin qu’elle s’y produise sous le nom de Barbara. Le « bouche à oreille » aidant, le succès ne se fait pas attendre, le mariage non plus (31 octobre 1953) ni l’opportunité de pouvoir enregistrer deux chansons chez Decca en 1954.

En 1955, les époux se séparent. À la fin de cette année-là, Barbara retourne à Paris où elle donne des récitals dans de petits cabarets : « La Rose rouge », en 1956, « Chez Moineau », en 1957 puis à « L’Écluse » où elle à déjà chanté pour de courts engagements. La revoilà donc, en 1958 où elle réussi à s’imposer, sous le surnom de « La Chanteuse de minuit ». Si bien que sa notoriété grandit et attire un public de fidèles, en particulier parmi les étudiants du quartier Latin. C’est à cette époque qu’elle commence à écrire. Remarquée et engagée par Pathé Marconi, elle enregistre son premier disque 45 tours 4 titres avec 2 de ses propres chansons : J’ai troqué et J’ai tué l’amour et au printemps 1959, son premier 33 tours. Le 21 décembre 1959, elle apprend la mort de son père à Nantes. Aux lendemains de l’enterrement elle écrit : Nantes. Ce sera une de ses plus grandes chansons. Elle change de maison de disque pour signer chez Odéon en 1960. Barbara chante Brassens et Barbara chante Jacques Brel sont enregistrés. Le premier est couronné par l’Académie Charles-Cros dans la catégorie meilleure interprète.

En 1961 elle décroche un tour de chant du 9 au 20 février, en première partie de Félix Marten à Bobino, dans le quartier du Montparnasse. Sa performance fut peu appréciée, sa présentation jugée austère, à l’évidence pas encore prête pour les grandes scènes. Loin de se décourager, elle reprend ses récitals à « L’Écluse ». Deux années plus tard, les mardi de novembre et décembre 1963, au Théâtre des Capucines, elle retient et captive l’attention avec un répertoire nouveau comprenant deux de ses créations : Dis, quand reviendras-tu ? et Nantes. Le succès est tel que la maison Philips lui signe un contrat. Séduit, Georges Brassens lui propose la première partie de son prochain spectacle à Bobino.

En attendant, le 4 juillet 1964, elle se rend sans enthousiasme en Allemagne répondre à l’invitation de Hans-Gunther Klein, directeur du Junges Theater de la ville universitaire de Göttingen. Agréablement surprise et touchée par l’accueil chaleureux qu’elle reçoit, elle prolonge son séjour. Une semaine s’écoule. Le dernier soir elle leur offre la chanson Göttingen. (En mai 1967, elle sera à Hambourg pour l’enregistrer, avec neuf autres titres traduits, en allemand pour le 33 tours, Barbara Singt Barbara et retournera chanter à Göttingen le 4 octobre. En 1988, Barbara recevra la Médaille d’honneur de la ville.

Comme convenu, elle chante à Bobino avec Georges Brassens en « vedette » du 21 octobre au 9 novembre 1964. Le public est conquis et les critiques sont unanimes pour saluer sa prestation. Paris-presse-L’Intransigeant écrit : « Elle fait presque oublier Brassens », L’Humanité : « Un faux pas de Brassens, une prouesse de Barbara. »

Le 14 mars 1965, son premier album Philips Barbara chante Barbara est distribué. Il obtient le prix de l’Académie Charles-Cros et se révèle être un vrai succès commercial. La même année, elle triomphe à Bobino, avec une première exceptionnelle le 15 septembre, qui la marquera à jamais et qu’elle immortalise peu après dans l’une de ses plus grandes chansons : Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous.

« Ce fut, un soir, en septembre / Vous étiez venus m’attendre / Ici même, vous en souvenez-vous ?... »

Dès cette époque, Barbara distribue son argent et use de sa célébrité pour porter secours aux enfants nécessiteux. Le 6 novembre 1967, elle apprend la mort de sa mère en tournée en Italie.

En février 1969, Barbara est à l’Olympia. À la fin de la dernière représentation, à la stupeur générale, elle annonce qu’elle arrête la chanson. Toutefois, elle respecte ses engagements passés jusqu’en 1971. On la retrouve, début 1970, au Théâtre de la Renaissance dans Madame, d’Albert Willemetz, elle joue le rôle « d’une tenancière de lupanar en Afrique ». Cette pièce de théâtre chantée est un échec malgré des chansons aux textes et aux musiques soignés. En février 1971, Franz, le premier film réalisé par son ami Jacques Brel, sort sur les écrans. Tous deux se partagent les rôles principaux mais le film n’attire pas les foules. Deux ans plus tard, elle apparaît dans L’Oiseau rare, film réalisé par Jean-Claude Brialy. Le danseur, chorégraphe et grand admirateur de Barbara, Maurice Béjart, la fait tourner à son tour dans Je suis né à Venise. Barbara y tient deux rôles : celui de chanteuse (avec trois chansons : L’Amour magicien, L’Homme en habit rouge et La Mort), et celui de la Dame de la nuit. Il ne sera diffusé qu’à la télévision.

Sa carrière musicale demeure active dans les années 1970. Elle apparaît dans une émission de variétés à la télévision avec Johnny Hallyday et fait des tournées au Japon, au Canada, en Belgique, en Israël, aux Pays-Bas et en Suisse. Dans les années 1980, son album Seule est l’une des meilleures ventes de 1981. Son plus grand succès sur scène est celui qu’elle présente la même année à l’hippodrome de Pantin (emplacement actuel du Zénith de Paris). Elle offre là, bien plus que de simples concerts, ses représentations sont de véritables messes dont les rappels ininterrompus se prolongent jusque tard dans la nuit. C’est lors de ce spectacle phare que la voix de la chanteuse se brise irrémédiablement. Elle ne cherchera pas à le cacher mais saura au contraire s’en servir pour renforcer l’aspect dramatique et authentique de son interprétation. Se renouvelant sans cesse, la chanteuse continue d’attirer un public très jeune. L’année suivante, on lui attribue le Grand Prix National de la Chanson en reconnaissance de sa contribution à la culture française. Par ailleurs, elle développe une relation de travail et d’amitié avec la vedette cinématographique montante Gérard Depardieu et son épouse Élisabeth, collaborant sur la trame musicale des films. En 1982, elle se rend au Metropolitan Opera de New York pour un Gala Performance, donné le 8 juillet. Sur scène, elle accompagne au piano le danseur étoile Mikhail Baryshnikov qui danse sur deux de ses chansons (Pierre et Le Mal de vivre’).

Au milieu des années 80, elle coécrit la musique et le texte de la pièce Lily Passion avec Luc Plamondon, dans laquelle elle joue et chante avec Gérard Depardieu. L’histoire d’une chanteuse qui voua toute sa vie à son public (sorte d’autobiographie romancée). La première représentation a lieu au Zénith de Paris en 1986.

Toujours à la même période, elle devient une participante active dans la collecte de financement pour le traitement du sida. Elle apporte son soutien en visitant des malades dans les hôpitaux et dans les prisons. Lors de ses concerts, elle met des préservatifs à la disposition des personnes venues l’écouter chanter. En 1988, la Légion d’honneur lui est attribuée.

En novembre/décembre 1993 Barbara est à nouveau sur la scène parisienne du Théâtre du Châtelet. C’est alors que des problèmes de santé la contraignent à interrompre les représentations. Après quelques jours de repos elle retrouve son public, le temps d’enregistrer le spectacle, puis renonce à poursuivre et annule les dates suivantes. Suit une tournée. Sa dernière apparition sur scène aura lieu le soir du 26 mars 1994 au théâtre Vinci de la ville de Tours.

Après 16 années passées loin des studios, elle enregistre douze nouvelles chansons en été 1996. Pour ce disque, Jean-Louis Aubert signe le texte Vivant poème et Guillaume Depardieu le texte émouvant de la chanson À force de. Sorti le 6 novembre, cet album sobrement intitulé Barbara, sera son chant du cygne. Malade, elle consacre son temps à la rédaction de ses mémoires. Mémoires interrompus par une toxi-infection alimentaire foudroyante le 24 novembre 1997. Elle meurt à l’hôpital américain de Neuilly à l’âge de 67 ans. Elle est enterrée trois jours plus tard en présence d’une foule innombrable, au cimetière de Bagneux, dont l’entrée est située à Montrouge au sud de Paris.

Dans ses mémoires posthumes, qui paraîssent en 1998, elle révèle une part douloureuse de son enfance en parlant d’inceste sans que le mot lui-même soit écrit. Ce qui donne un autre éclairage à certaines de ses chansons. Nantes et Mon enfance, plus particulièrement.

Ses chansons sont devenues des classiques et restent largement diffusées. Parmi ses titres incontournables, on peut citer : Dis, quand reviendras-tu, Nantes, Au bois de Saint-Amand, Göttingen, La solitude, Une petite cantate, La dame brune, L’Aigle noir, Marienbad, Ma plus belle histoire d’amour, Pierre...

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mardi 27 novembre 2007
 
 
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